Des pages d’histoire

1694 - Le testament Brueys

Alexandre de Brueys, seigneur de Gattigues, Bourdic, Tharaux et autres places, est inscrit au Catalogue général des gentils-hommes de la province de Languedoc pour le diocèse d’Uzès. Son testament olographe (écrit à la main et signé par lui) est un témoignage de l’histoire du village.

Alexandre de Brueys

« Alexandre de Brueys, Seigneur de Bourdic, de la Tour, de Gattigues & de Tharaux, Gouverneur d’Argeles en Roussillon, servit dans le Régiment des Gardes- Françaises dès le 25 Novembre 1614 ; obtint une commission du Duc de Savoie le 20 Juillet de Tannée suivante pour lever une Compagnie d’Infanterie & en eut une du Roi Louis XIII en 1632, pour faire la levée d’une Compagnie de Chevau-Légers. Ce Prince lui donna le 8 Septembre 1635, une nouvelle commission pour commander une Compagnie d’Infanterie dans le Régiment du Tournel, & il fut commis, par le Duc de Lesdiguières le premier Février 1636, pour lever cent Mousquetaires à cheval. II est qualifié Capitaine de Dragons dans un passeport que ce Seigneur lui donna le 20 Janvier 1638, pour venir s’établir en France, se trouva l’année suivante au siège de Salces, où il servit avec beaucoup de distinction en qualité de Mestre-de-camp d’un Régiment d’Infanterie, suivant un certificat que le Prince de Condé lui en fit expédier le 7 Novembre 1639 ; obtint le 15 Juin 1641 une nouvelle commission pour lever un Régiment d’Infanterie de vingt Compagnies, & en 1649 Louis XIV lui en donna une autre, pour faire la levée d’un nouveau Régiment d’Infanterie.
II fut élu premier Consul de Nîmes en 1658, & souscrivit en cette qualité le 11 Février de la même année, aux articles de l’accommodement convenu avec le Duc de Mercœur, sur l’émeute arrivée dans cette Ville, au sujet du Consulat..
II épousa par contrat du 13 Novembre 1629 Marthe de Praneuf, qui testa le 5 Janvier 1663, & en eut :

  • 1. Nicolas, Seigneur de Gattigues & de la Tour, lequel obtint le 28 Mars 1659 du Roi, une commission pour lever une Compagnie d’Infanterie dans le Régiment de Mazarin ;
  • 2. autre Nicolas, Sieur de Laspet, qui servit d’abord en qualité de Capitaine dans le Régiment de Montpezat ; mais ayant été depuis réformé, il reçut ordre le 28 Mai 1668 pour aller servir à la suite de la Compagnie de Faure, dans le Régiment de Champagne ;
  • 3. & Benoît-Benjamin de Brueys, Seigneur de Tharaux, nommé le 13 Juillet 1656, Syndic de la Noblesse du Diocèse d’Uzès. II fut émancipé par acte du 2 Avril 1663, fit son testament le 27 Mars 1705, par lequel il institua son héritière Gabrielle de Guérin, sa femme ; & donna à Pierre de Brueys-de-la-Tour, son cousin, sa Terre de Tharaux ; à Louis de Brueys-de-Souvinargues, aussi son cousin, la somme de 2000 livres ; à Jacques Brueys-de-la-Calmette, Capitaine de Dragons, également son cousin, la somme de 1000 livres ; & à César de Brueys-de-Fontcouverte, aussi son cousin, 50 livres de pension. »
    Extrait du Dictionnaire de la noblesse, 1771, Tome III, seconde édition, p. 284

Retranscription du testament

Testament olographe de Alexandre de BRUEYS, seigneur de Gattigues, Bourdic, Tharaux et autres places, dicté au château de Tharaux (Gard) le 26/02/1690 à Maître Pierre GALAFRES, notaire de Saint-Chaptes, ouvert par le même notaire le 08/04/1694, et mis à ses minutes, après le décès du testateur.

  • Sépulture dans l’église de Tharaux ou celle de Bourdic,
  • legs aux pauvres de Tharaux et de Bourdic,
  • legs de 1000 l. + 3000 l. à son petit-fils Joseph de BRUEYS, seigneur de Prignac, fils naturel de Benoît-Benjamin,
  • héritier universel son fils, et de Marthe de PRANEUF, Benoît-Benjamin de BRUEYS.

Testament de Monseigneur Alexandre de BRUEIS
Seigneur de Gattigues et autres places

Au nom de Dieu soit fait amen, sachent tous présents et avenir que l’an seize cent quatre vingt dix et le vingt sixième jour du mois de février après-midi, régnant très chrétien prince Louis par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, devant nous, no(tai)re royal et témoins bas nommés a este en personne, Messire Alexandre de BRUEIS seigneur de Gattigues, Bourdic, Tharaux et autres places, lequel se voyant avancé dans l’âge étant dans ses bons sans mémoire et entendem(en)t, considérant n’y avoir rien de plus certain que la mort ni chose plus incertaine que l’heure d’icelle, désirant disposer des biens qu’il a plut à Dieu lui donner par sa grâce afin qu’après sa mort il n’y ait procès ni différant à raison d’iceux entre les y prétendant-droit, a fait et ordonné son test(a)m(en)t nuncupatif et dispo(sitio)n de dernière volonté nuncupative en la forme et manière que (s’en suit) en Premier lieu comme un […] chrétien c’est muni du signe de la croix en disant au nom du père du fils et du Saint-Esprit amen, et en levant ses yeux au (ciel) a recommandé son âme à Dieu le père, le priant par le mérite de la mort et passion que notre seig(neu)r Jésus christ a pris sur l’arbre de la croix lui vouloir pardonner ses fautes et péchés, et son âme étant séparée de son corps, par l’interception de la bien heureuse Vierge et autres Saints de paradis la vouloir recevoir dans son royaume céleste élisant la sépulture de son dit corps au tombeau de ses prédécesseurs dans l’église dudit lieu de Tharaux ou de celle de Bourdic et dans celui du lieu où il se trouvera au temps de son décès, laissant ses honneurs funèbres à la discrétion de son héritier bas nommé, et venant à la dispo(siti)on de ses dits biens (légats et institutions) a donné et légué, donne et lègue, aux vraiment pauvres desdits lieus de Tharaux et Bourdic, la somme de cent vingt livres, savoir a ceux dudit Tharaux quarante livres et a ceux dudit Bourdic quatre vingt livres, payable lesdits légats un an après son décès par son héritier bas nommé et par lui distribuable auxdits pauvres en présence des consuls modernes desdits lieux étant ce en a faits ses héritiers particuliers veut et en tant qu’ils soient contents et que autre chose ne puissent demander ni prétendre sur ses dits biens.
Item ledit Sr testateur a donné et légué, donne et lègue, au Sr (Jozef) de BRUEIS Sr de (Prignac) fils naturel de Messire Benoît-Benjamin de BRUEIS, seigneur de Tharaux, fils légitime et naturel dudit Sr testateur, pour l’amitié qu’il a pour ledit Sr de Prignac à cause de son mérite et inclinaison il a […] en lui pour le service du Roy où il est actuellem(en)t , (depuis) le temps qu’il a pu porter l’épée, la somme de mil livres à lui payable par l’héritier que ledit seigneur de Tharaux son dit fils instituera un an après le décès dudit Sr de Tharaux et au cas ledit Sr de Tharaux son dit fils viendra a décéder sans enfants de légitime mariage procréés ledit Sr testateur veut et en tant que ledit légat de mil livres soit au(g)menté en faveur dudit Sr de Prignac par lesdites considéra(ti)ons de la somme de trois mille livres et que ladite augmenta(ti)on de légat […] avec ledit légat à quatre mil livres lui soit payé ledit cas arrivant […] après le décès dudit Sr de Tharaux par l’héritier qu’il instituera étant et veut aussi qu’il soit consenti que autre chose ne puisse demander ni prétendre sur ses dits biens et
Finallem(en)t donne et lègue a chacun ses parents ou prétendant droit sur ses biens cinq sols a partager entre eux un an après son décès étant ce les a aussi fais ses héritiers particuliers veut et en tant que soient contents et y autre chose ne puissent prétendre ou demander sur ses dits biens
Et parce que le principal fond(emen)t de tout valable testam(en)t est l’institu(ti)on d’héritier ou héritiers a cette cause icelui Sr testateur en tout et chacun ses autres biens meubles et immeubles (* présent et avenir) a fait institué et de sa propre bouche nommé pour son héritier universel savoir est ledit Mess(i)re Benoît-Benjamin de BRUEIS son fils légitime et naturel et de feue dame (** Marthre) de PRANEUF, pour de son dit entier héritage en faire et disposer a ses plaisirs et volontés tant en la vie qu’en la mort.
C’est son dernier testament nuncupatif et disp(ositi)on de dernière volonté nuncupative qu’il veut qu’il vaille par ledit droit s’il ne vaut par ledit droit par celui de codicille s’il ne vaut […] par ledit droit par celui de dona(ti)on à cause de mort et disposi(ti)on de dernière volonté et en toute autre meilleure forme et manière que pourra valoir de droit Cassant révoquant et annulant tous les autres testam(en)ts, codicilles et disposi(ti)ons de dernière volonté qu’il pourrait avoir ci-devant fait et notamment le testam(en)t qu’il fit a la ville de (Montpellier) ne se souvenant présen(temen)t du temps ni du nom du no(tai)re qui l’a reçu, croyant pourtant que c’est Me MOYNIER, Veut et entend que le présent sorte son plain et entier effet comme étant sa dernière volonté et a prié et requis les témoins ici présents qu’il a fait appeler et qu’il a dit bien connaître et (ayant) nommés par nom et surnom de ce dessus vouloir être mémoratifs et moi no(tai)re d’en retenir acte pour en expédier les extraits requis et […] après son décès nous ayant requis de le cacheter pour l’ouvrir […] après son dit décès sans appeler personne pour en délivrer lesdits extraits requis […]
Fait et récité dans le château dudit seigneur audit Tharaux, en présence de Monseigneur (Guilhaume) REGOURDAL (?), prêtre et prieur du dit Tharaux, Mr Jacques SALLE baille Jacques SALLE père et fils, Jacques et Simon LUITARTS père et fils, ménagers, Noël VAISSIERE, tisserand de serge, et Henry VAISSIERE, aussi tisserand de serge, tous habitants dudit Tharaux, signent avec ledit Sr testateur, et de moi, Pierre GALAFRES, no(tai)re royal ha(bit)ant de Saint-Chaptes souss(ig)né.

Signent :
GATIGUES REGOURDAL (?)
SALES
LUITARD SALES LUITARD
VEISSIERE VEISSIERE
GALAFRES notaire

En marge : ce huitième avril 1694 le présent testam(en)t a été ouvert par moi, not(ai)re souss(ig)né, suivant la volonté dudit Sr testateur […] a été donne de sa mort par Monseigneur de Tharaux son fils et héritier […] du […] que j’ai en liasse et expédié extrait en privé.
Signé : GALAFRES notaire

Des métiers à Tharaux à l’époque du testament

  • Ménager : paysan aisé et indépendant, laboureurs cultivant en personne leurs petits domaines dans le midi de la France.
  • Tisserand de serge : Ouvrier qui tisse sur un métier une étoffe ou un tapis. Le sergetier fabrique des serges, via une technique particulière de tissage à l’aide de sa machine, la serge. Le mot « serge » vient du grec serikos qui veut dire « fait de soie ». « À l’origine, la serge est un tissage de soie mais il existe différentes serges telles que la serge de coton (toile de jean denim), la serge de laine (twill, pied de poule), gabardine, whipcord, etc » (Source : Wikipédia).
    « Le métier de serger, sergier, sargier – selon les siècles – nous vient très probablement de Chine, sa technique étant déjà utilisée en Orient avec la soie comme matériau. Les émigrations vers l’ouest ont très probablement remplacé la soie par la laine pour s’adapter aux climats. Sans doute aussi que la culture du ver à soie n’était pas parvenue jusque-là, alors que l’élevage du mouton fut très tôt pratiqué. Le serger se différencie du drapier, car il travaille sur un métier légèrement plus élaboré. C’est-à-dire que si un serger peut faire un drap, un drapier, lui, ne peut pas faire de serge sur son métier. Le métier fut très tôt hiérarchisé, on commençait par être compagnon, puis serger, et enfin maître serger après avoir obtenu ce qu’on appelait la « maîtrise » (comme dans beaucoup d’autres métiers). Les sergers devaient alors se conformer aux règlements instaurés par Colbert, surtout après 1669. »
    (Source : http://www.enmodetextile.com/tag/la-serge-de-laine/)

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